EU-AIMS, un consortium des acteurs de santé contre l’autisme

14 avril 2015
4 min
Actualités

Par Esther Schenker :
Chef de Projets Recherche chez Servier


 

L’autisme : Une maladie complexe qui mobilise tous les acteurs de santé

L’autisme est une maladie neurologique à forte composante génétique, sous laquelle se distinguent différents syndromes ou troubles hétérogènes. La communauté scientifique internationale parle aujourd’hui de Troubles du Spectre Autistique (TSA) plus que d’autisme. Ces TSA regroupent les différents syndromes de l’autisme dont les plus fréquents sont des déficits de l’interaction sociale et de la communication ainsi que des comportements répétitifs inhabituels.

Plus d’1 enfant sur 100 est atteint de TSA. Ils seraient 1,5 millions aux Etats-Unis, 3 millions en Europe et plusieurs dizaines de millions dans le monde, nombre qui est toujours en progression. L’autisme est une maladie très complexe qui se caractérise par de nombreux symptômes qui peuvent exister dans d’autres maladies neurologiques telles que la dépression ou l’épilepsie. Ceci explique que cette pathologie est difficile à dépister mais aussi à soigner. En effet, il n’existe aujourd’hui aucun traitement spécifique contre l’autisme. La prise en charge thérapeutique consiste à traiter les symptômes associés à la maladie, comme par exemples les convulsions, l’hyperactivité ou encore les troubles du sommeil.

Un organisme de santé isolé, que ce soit une académie, un laboratoire pharmaceutique ou une association, ne peut réussir seul à améliorer cette situation. Il est donc nécessaire de créer des partenariats entre ces acteurs de santé pour mutualiser leurs expertises de recherches et ainsi espérer trouver des solutions pour améliorer la vie des malades, voire un jour guérir l’autisme.
 

EU-AIMS : un partenariat européen dans la recherche contre l’autisme

Les laboratoires membres de l’EFPIA, l’Union Européenne et les associations de patients autistes ainsi que leur famille se sont regroupés dans le cadre de l’Innovative Medicines Initiative (IMI), pour développer un projet propre à l’autisme : l’European Autism Interventions – A Multicentre Study for Developing New Medications (EU-AIMS).

Issu de l’initiative conjointe de l’Union Européenne (UE) et des laboratoires pharmaceutiques européens membres de l’EFPIA, l’EU-AIMS est un consortium de recherche regroupant les principaux acteurs de santé (académiques, industriels et associatifs), tant publics que privés qui concourent à l’objectif commun : améliorer la compréhension de cette maladie très complexe qu’est l’autisme, en développant des outils qui permettront un meilleur diagnostic ainsi que la création de traitements mieux adaptés à chaque patient. L’EU-AIMS a été lancé début avril 2012. Ce projet est cofinancé par l’UE et l’Industrie pharmaceutique jusqu’en 2017.

Le consortium est composé de 14 partenaires académiques, 7 partenaires industriels dont le groupe Servier, 2 PME ainsi que de l’association des familles d’autiste américaine : « Autism Speaks ». Ensemble, ils se répartissent et travaillent en 4 sous-groupes pour étudier l’autisme sous différents angles scientifiques : la recherche in vitro (sur des cellules), la recherche in vivo (sur des modèles animaux) et la recherche clinique (auprès des patients). Cette approche transversale et multi-partenariale nécessite une bonne entente entre les acteurs et une parfaite maitrise du travail en équipe. Elle apporte également une meilleure compréhension entre chercheurs, cliniciens, académiques et industriels.
 

La 3e assemblée générale

Les 13 et 14 avril 2015, Servier reçoit tous les partenaires de l’EU-AIMS dans le cadre de la 3e assemblée générale du projet. Cette assemblée sera l’occasion pour tous les acteurs de faire un point sur leurs avancées réalisées au cours de l’année précédente et de permettre aux chercheurs de présenter leurs travaux ainsi que de définir de nouveaux objectifs.

Cette année par exemple sera présenté le premier guide pour la réalisation d’études avec des enfants autistes, réalisé en collaboration avec l’agence Européenne du Médicament (EMA), ou encore les dernières avancées en imagerie fonctionnelle (fMRI) ou en électro-encéphalographie (EEG) chez l’homme et l’animal. Le sous-groupe travaillant in vitro présentera une avancée remarquable dans l’étude des neurones des personnes souffrants de troubles du spectre autistique :

Bien qu’il existe des techniques d’imagerie permettant d’observer et de mieux comprendre le fonctionnement du cerveau des malades, il est impossible de prélever ces cellules du cerveau pour les étudier directement. L’équipe du Professeur Jack Price, du King’s College à Londres a mis au point une technique permettant de recréer des neurones fonctionnels d’un malade à partir de quelques-uns de ces cheveux, neurones qui maintiennent de nombreuses caractéristiques du patient. Cette technique est une approche unique pour mieux comprendre l’autisme et tester de nouveaux traitements sur des neurones humains, sans aucun danger pour les malades.

Outre l’avancée dans la compréhension de l’autisme que rend possible cette technique, elle devrait également permettre de mieux comprendre d’autres maladies touchant le cerveau, telles que la Dépression ou la Schizophrénie.

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